LE MAÎTRE DE CABESTANY
Le Maître de Cabestany est un extraordinaire sculpteur du XII siècle. On ne connaît pas son vrai nom, et seule l’originalité de son génie artistique a permis aux spécialistes d’identifier ses oeuvres. Elles se retrouvent de la Catalogne au Languedoc , de la Navarre à la Toscane, comme s’il avait suivi à son tour il y a tant de siècles les grand chemins de pèlerinage: celui de Rome et celui de Saint Jacques de Compostelle. 
« Son style, si original, le distingue de tous les autres sculpteurs contemporains. Il est particulièrement remarquable dans le type physique des personnages aux mains immenses, aux yeux étirés où la pupille est mise en évidence par les deux trous de trépan qui l’encadrent, par le front bas et le menton quasi inexistant.. .Les visages peuvent être quiets, tel celui de Marie, ou terrifiants, tel celui du Christ sur le tympan de Cabestany. A ces aspects il faut ajouter l’inspiration antique, très sensible sur l’autel - sarcophage de Saint Sernin à Saint Hilaire d’Aude, et des compositions au sens de lecture inversé (de droite à gauche) sur le portail du Boulou, l’autel de Saint Sernin, la colonne de Sugana (Toscane)».
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LE MARTYRE DE SAINT SERNIN
Au milieu du XIème s. le monastère, existant depuis le Vème, vit la construction d’une nouvelle abbatiale romane qui subsiste en partie aujourd’hui. C’est dans son absidiole sud qu’est conservé le sarcophage en marbre blanc sculpté par le Maître de Cabestany et qui représente le martyre de Saint Sernin.
Le Saint apparaît sur le côté droit, entre deux clercs, crosse à la main. Sur la face principale s’enchaînent sans discontinuité les moments forts de l’histoire :l’arrestation de Sernin par des soldats romains pendant sa prédication dans la ville de Toulouse, puis le martyre du Saint attaché à un fougueux taureau que le bourreau aiguillonne, enfin les saintes femmes veillant le corps du martyr, dont l’âme monte au ciel. Le bas du sarcophage est occupé par des images de bêtes presque humaines, évoquant la cruauté des jeux du cirque ou la férocité de la persécution.
C’est une oeuvre de grande vigueur et beauté, qui traduit avec l’empreinte de l’héritage antique un programme religieux complet.

                                                                                           

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